Les Moutomains 1ère partie

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Dialogue à la manière de Platon, d’un Socrate qui débat avec ces disciples de questions philosophiques d’un autre genre…

  • Comment augmenter encore nos profits ?
  • Il faudrait plus de consommateur ?
  • C’est une idée.
  • De l’élevage ?
  • Pourquoi pas ? Cela aurait du sens par rapport à toutes nos activités.
  • Mais cela sous-entend de leur donner à manger, des médicaments, une vie moins dure…
  • Vendons-leur !!!
  • Et on augmentera nos profits !!!
  • C’est bien vu. L’élevage de vermine, leur travail va faire exploser nos revenus.
  • Mais participeront-ils ?
  • Oui, si nous changeons leurs rêves.

  • Comment faire cela ?
  • Les médias, la radio, la TV, le cinéma… les possibilités sont infinies.
  • Infinies…
  • Laissons-les croire que la vie peut être plus facile, des loisirs, de l’éducation
  • De l’éducation ? Mais s’ils sont éduqués, ils vont réfléchir ?
  • Pas de soucis, formons les pour nos usines et notre système, remplaçons les savoirs paysans par une formation utile, pratique, précise. Et gardons une vrai éducation pour nos enfants.
  • Mais les professeurs?
  • Pas de soucis non plus, ils seront formés dans les mêmes systèmes, eux aussi auront les rêves que nous voulons pour nous servir, une fois le système mis en place, ils formeront des générations de vermine et de matons à vermine. Ils croiront même faire le bien de leurs ânes.
  • Parfait, parfait. Mon ami, que soit louer nos ancêtres de nous avoir légué tant de savoir et d’ingéniosité.
  • Louer soit nos professeurs et mentors.
  • Mais pour le mettre en place, comment allons-nous faire ??
  • Comme nous avons toujours fait, en ayant le pouvoir
  • Mais la vermine ? Vont-ils le tolérer ?
  • Mieux que cela, ils vont nous le donner. ils ont le droit de vote ?? Folie des folies , n’est-ce pas ? Comment la vermine pourrait-elle décider ce qui est bon pour nous, les dignes représentants de l’humanité, les puissants, les dirigeants de droits supérieurs, voir divin. Utilisons leur droit de vote pour nous amener au pouvoir. Attisons les rivalités,  donnons-leur des boucs émissaires, des ennemies. Encourageons la peur.
  • Mais comment pouvons-nous les manipuler à ce point ?
  • Rien de plus facile…
  • Rien de plus facile ?
  • Oui !! Les médias !!
  • Oui !! Les médias !! Et en plus ils vont payer !!
  • Et oui… Quelle vermine… Ils vont payer pour leur peur. Acheter des tv, des radios, des téléphones, tout ce qu’ils pourront pour savoir qu’un ennemi les menaces et anesthésier leurs suspicions.
  • Quelle vermine… Comment pourrions-nous nous mêler à ces cancrelats, ces mal-nés ?
  • Nous leur donnerons des guerres !!
  • Des guerres !! Oui !! Bien-sûr. Pour étancher leur soif de justice.
  • Humm… Vous êtes divin. J’aime tant vous écouter discourir de la condition humaine et toutes les possibilités qu’elle représente pour affirmer la place et le pouvoir de notre élite.
  • Chaque problème envisagé sous le bon angle devient une opportunité.
  • Mais les guerres risquent de nous détruire ?
  • Nous ne sommes pas aussi sots que ces aristocrates de 1789 !!! Nous ne nous pavanons pas dans les rues avec nos costumes de clown. Nous ne prenons pas ostensiblement aux vermines leurs argents, ils nous le donnent. Pour les guerres, c’est pareil, vendons leur un ennemie, demandons leur la justice, un effort de guerre, faisons les s’entretuer… Des vermines d’ici ou d’ailleurs.  On s’en contre fiche. Le monde est global, les flux d’argent viennent de partout.
  • Mais ne prenons nous pas des risques pour nos vies ?
  • Bien-sûr que non… Déjà, ils faudraient qu’ils nous connaissent. C’est nous qui choisissons où sont les guerres et où sont les champs de bataille. Et si je peux me permettre un jeu de mots emprunter et déformer à un célèbre chef de vermine en la personne de Mendala : “ Je ne perds jamais, soit je gagne, soit je prends !!”
  • Mon ami, vous me ferez toujours rire.
  • Nous réfléchissions dur pour être traité comme nous le méritons. Un peu d’humour dans le travail ne fait jamais de mal.
  • Mais comment gagne-t-on une guerre ?? Il y a forcément un gagnant et un perdant.
  • Pour les vermines, oui, ils en sont persuadés et cela est primordial pour organiser la prochaine.
  • Donc il y a un bien un perdant et un gagnant.
  • Pour les vermines, je vous dis, mais comme disait Paul Valéry le dicton « La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. » Paul Valéry
  • C’est nous les organisateurs ??
  • Plus maintenant, ça c’était avant, c’est has been, c’est bien trop risqué… Regarder ces vermines de révolutionnaire, ils seraient capable de nous trucider.
  • Qui alors ?
  • Nos sous-fifres, les chefs des vermines, des pseudos vermines qui pensent qu’ils font partis de notre élite. Et bien sûr nous leur laissons croire. Ils sont un peu dans la confidence. Ils s’achètent avec des pourboires.
  • Mais alors nous ? Nous gagnons si nous avons choisi le bon camp ?
  • Pas du tout. Nous gagnons à chaque fois. Regardez, prenons une bonne guerre, comme celle que nous préparons actuellement.
  • Une pseudo guerre de religion
  • Exact !! c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.
  • La sagesse paysanne a du bon parfois
  • Et oui, c’est pour ça qu’on s’efforce depuis près d’un siècle à l’éradiquer…. Bien  trop subversif
  • Donc ??
  • Une bonne guerre, en premier nous baissons le bien-être de nos vermines.
  • Comment cela ?
  • Physiquement et psychologiquement
  • Physiquement ??
  • Comme nous contrôlons tout, les prix, les revenus, le chômage, le travail, les médias, l’éducation. On va augmenter les prix doucement.
  • Intéressant ? Parce qu’en même temps je sens déjà les profits augmenter.
  • Très précisément. Donc on baisse techniquement leur pouvoir d’achat. Les fins de mois sont plus difficiles. Les tensions au sein de la famille augmentent mécaniquement. Moins de loisir, plus de doute pour l’avenir. La vie devient plus dure.
  • Donc en actionnant le levier des prix et du travail, forcément l’état psychologique se détériore
  • Vous êtes clairvoyant. Bien. Bien. Votre père serait très fier de vous. Vous êtes sont dignes fils, paix a son âme.
  • Ensuite alors ?? Je me sens comme un enfant écoutant sa vermine de bonne lui lire une histoire pour s’endormir.
  • Donc on baisse le moral et on rend la vie plus dure. La réaction d’une vermine de base va être de voir le problème qui vient de l’Etat, des lois, des dirigeants, des politiques, de nos sous-fifres en gros…
  • Oui, mais c’est la révolution en perspective ?
  • La révolution, c’est un autre mécanisme, mais à ce niveau de la partie, c’est un choix. Mais personnellement, je préfère la guerre, les vermines font être demandeur à être dirigé… Mais une bonne révolution, c’est sympa aussi. Nous en reparlerons une autre fois.
  • D’accord. Alors allons-y pour le scénario d’une  bonne guerre.
  • Quand on sent les vermines énervées, on va commencer par quelques attentats, c’est efficace pour la peur, le patriotisme aussi.
  • Mais comment organiser des attentats ?
  • C’est très simple, il suffit d’attiser les haines entre différentes races de vermines, ils vont faire le boulot tout seul.
  • Juste de la patience.
  • Le pactole aux patients. Et puis, les médias vont bien nous aider, en plus ils vont décréter l’état d’urgence… Les vermines dans la peur vont même signer pour !
  • Quelle bande d’imbéciles…
  • Des vermines… Des vermines,  cher ami. Si ce n’était pas des vermines, ils seraient ici avec nous…
  • Comme vous êtes drôle.
  • Oui, je sais. Je voulais être humoriste quand j’étais enfant.
  • Mais vous l’êtes, mon cher. Vous l’êtes.
  • Merci, vous me flatter. Une fois l’état d’urgence décrété, les sous-fifres vont faire le boulot. On va désigner l’ennemie. Les médias déjà contrôlés depuis longtemps, le seront encore plus. Et la machine à opinion toute faite va entrer en action pour notre bien.
  • Alors on gagne ou on gagne ?
  • On gagne !! Donc la machine s’emballe. L’industrie d’armement va se sentir revigorer. Les usines vont battre leur plein. Les commandes de toutes parts vont arriver.
  • Mais nous n’allons pas vendre des armes aux 2 camps ? Ça se verrait.
  • Mais bien-sûr que cela se voit… Mais ami d’hier, ennemie de demain. Une bonne trahison organisée par médias interposés et hop… Pirouette cacahuètes ! !
  • La vermine va pas aller vérifier… Comment le pourrait-elle ??
  • Il faudrait qu’elle nous écoute… Mdr comme disent les jeunes.
  • Elle nous écoute déjà, comme des enfants.
  • Très précisément. Donc on arme leurs amis d’aujourd’hui qui seront leur ennemies de demain ou qui armeront leurs ennemies d’hier ou de demain. De toutes manières on s’en fout. Le principal c’est que tout le monde soit armé. Il y a tellement d’arme en circulation que plus personne ne se demande d’où elles viennent. Quand c’est des kalachnikovs, on le précise, ça entretient la suspicion envers les russes, ça sert toujours et puis ça me permet de faire des blagues avec Vlad.
  • Ce bon vieux Vladimir. Toujours le mot pour rire. Surtout quand on se prend une cuite avec sa Vodka de derrière les fagots.
  • Hey hey, toutes ces bonnes histoires m’ont donné soif. Un petit Scotch?
  • Avec plaisir. A la vôtre et aux succès de nos envies.
  • Revenons à nos armes. Si c’est des armes de chez nous. On dit arme automatique et hop. C’est réglé… Que j’aime la com, les médias et le marketing.
  • Et l’intelligence des vermines…
  • Surtout notre programme d’intelligence des vermines… Rien n’est plus dangereux qu’un idiot qui le sait.
  • Mais après que se passe-t-il ?
  • Bien, une fois que tout le monde est armé, que la vie est dure, que le tout sécuritaire est installé, que les médias, même les plus indépendants sont sous contrôle, de leur avis ou forcé. Il suffit de mettre le feu aux poudrex avec un événement marquant.
  • Pourquoi un événement marquant ?
  • Pour que les vermines aillent en guerre avec joie et détermination, il faut qu’ils croient qu’ils agissent pour le bien de leurs enfants, de la famille, de leur communauté.
  • C’est malin
  • Je dirais même plus, c’est enfantin, niveau CM2, cours d’école, « qui a la plus grande ? »
  • Et ensuite ?
  • Ils vont en guerre, ils s’engagent, sont mobilisés, tout le monde va participer à l’effort de guerre. Les prix vont monter en flèche.
  • Normal, c’est la guerre
  • Oui, c’est la guerre. Cela va coûter des millions par jour.
  • Des millions !!
  • Pour nous !
  • Pour moi !!
  • Pour moi !!
  • Pour toi !!
  • Merci, pour toi aussi !!
  • Merci !!
  • Nous sommes trop bons avec nous-mêmes, vivement l’immortalité !!
  • Ça viendra.
  • J’en suis sur.
  • Ensuite, la guerre fait des morts, des blessés, des prisonniers…
  • Et des opportunités
  • Oui, des marchandises de vermines kaputs ou cassés. Nous avons tout ce qu’il faut aujourd’hui pour gagner de l’argent avec tous ces corps meurtris.
  • Oui, comme nous le faisons déjà en empoisonnent à petit feu les vermines qui se font soigner dans les hôpitaux. Quand ils sont en état de travailler, on va leur prendre leur argent. Et ce qu’ils veulent pas nous donner tout de suite, qu’ils mettent de côté
  • Ces rapiats, ils ont rien et se payent le luxe d’être radin…
  • Quel manque de savoir vivre.
  • Navrant !
  • Et ce qu’ils mettent de côté, on leur prendra à la retraite.
  • La retraite, ces idiots, ils y ont cru… franchement on allait vraiment les laisser garder ce pognon pour profiter de la vie.
  • Encore navrant. Faut profiter de la vie quand on est jeune et en bonne santé,  pas quà on est vieux et malade
  • Comment peut-on avoir un tel manque de savoir vivre ?
  • Franchement ? Faut juste aller à l’école des vermines !!!

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